samedi 23 juin 2007

Une soirée minable


En ce samedi matin j’ai envie de vous faire profiter d’une très mauvaise soirée. Je vais faire tout ce qui ne se fait pas, mais justement c’est çà le blog. On a le droit de dire ce que l’on pense.
Hier soir, j’étais invité à une soirée de gala du 11e trophée des Managers à Dijon. (quand on est invité on ne critique pas.. je vais tout de suite me dédouaner, parce que les deux personnes Sandrine et Alex qui m’ont invité à partager leur table, sont charmants, sympathiques et ils n’y sont pour rien dans l’organisation, il faut lire ce billet comme une chronique d’un Jouhannais arrivant dans la petite « bourgeoisie/commercante » dijonnaise.
Ca se passe au golf de Norges la ville, à 34 minutes de chez nous, je met mon costume, ma cravate et même des boutons de manchettes. (d’après mes hôtes, l’année dernière c’était en smoking… et au Clos Vougeot – tout de même – enfin un truc le vendredi soir, à 400 personnes qui se veut convivial en toute simplicité coincée qui se la pète plus haut que…).
L’arrivée se fait dans un terrain boueux (hé oui avec les orages), pas assez de places de parking, une allée sous les arbres dans les graviers pour retrouver les invités dans un hangar (il paraît que se sont les tennis couverts, moi à Jouhe çà s’appelle un hangar). Un tout petit buffet, enfin un coin bar avec du champagne (offert par le sponsor du même nom, mais bon et frais c’est déjà et quelques gougères c’est tout – il est vrai que tout le monde a l’angoisse de rentrer dans son maillot donc faut faire gaffe), quelques serveurs, on arrive à avoir une coupe (pour le 90 minutes à papoter debout sous le hangar ou dehors.) Moi je scrute en faisant quelques mondanités. Et là, c’est mieux qu’un film de Fellini, de la grande blonde, grande robe, hauts talons, trop maquillée qui arrive au bras d’un sexagénaire assez rond et de 20 cm de moins, à ces fausses business women de la com, qui téléphone en parlant et en faisant des bises (il faut dire que le business à Dijon ne s’arrête jamais et le vendredi soir d’été, c’est le tourbillon du business – ben c’est vrai elle a l’air de traiter l’affaire du siècle c’est exagéré et surtout il faut que tout le monde profite du coup de fil- mais à la fon j’ai pas de scoop à vous donner). C’est tout de même LA SOIREE où beaucoup sortent leur tenue fraîchement achetée à prix très fort dans les boutiques du centre ville… La vulgarité, le mauvais goût et les mèches trop voyantes côtoient des chaussures de luxe avec des ongles non manucurés (oui on ne peut pas être parfait, le savoir vivre ne s’apprend pas surtout quand on a trop de … (là à vous de compléter) et surtout dans un tel terrain). A un moment donné, une sono qui raisonne mal sous le hangar annonce on ne sait quoi.
Bon une queue se forme en fond de hangar, il faut passer à table dans la seconde partie du hangar, assez bien décoré vu l’endroit, un peu trop de paillettes, mais « pour les dindes, faut des paillettes » et moi je rajoute et il faut que les sponsors locaux voient où passe leurs mises.
Avant d’arriver dans la salle on distribue un chapeau melon aux femmes et des lunettes noires aux hommes (je pensais que ce genre de truc se faisait encore dans des fêtes de petites maisons de retraite très retirées ou encore pour du second degrés et un quart d’heure seulement, mais là c’est du premier degrés et on trouve presque çà une très bonne idée (lol lol lol et encore lol). Et c’est un concept d’une agence d’événements dijonnaise. Si… je vous le dis. Par contre je ne vais pas vous donner son nom, où alors vous me promettez de ne pas m’inviter si vous faites appel à elle).
Bon il y a une piste de danse, 50 tables, bien dressées… Une table par sponsor, j’ai des voisins et des voisines charmants, intéressants, on papote.
Un petit zoom sur le traiteur (amphytrion) à éviter (où alors pour la soirée il a voulu optimiser le meilleur rapport tape à l’œil/prix, je ne sais pas ou alors c’est un ex-otage enfermé 3 ans dans une lointaine forêt amazonienne et qui découvre la nouvelle cuisine des années 70 façon macrobiotico-psychédélique .
La je vais vous faire le détail : une très belle assiette cloche, des bords gigantesques pour une petite cuiller de guacamole avec une chip de betterave rouge (çà étonne les dijonnais, si je vous le dis, çà fait bien 3 ans que tous les grands traiteurs parisiens l’ont utilisée puis oubliée cette choses) et un petit carré de pâte feuilletée… Genre tape à l’œil et rien dans l’assiette, mon guacamole n’a rien à voir, et le premier prix du Guacamole de chez ED est franchement meilleur.
Ensuite le menu annonce glacé de la mer aux saveurs de pain d’épices. Une assiette carrée, 3 cm2 de hadock fumé avec la peau (facile à manger avec des couverts à poisson – je vous dis que le traiteur est minable ou alors il voulait faire chier tout le monde), 2,5 cm2 (j’ai mesuré intérieurement, parce que soit il a fait un stage au Darfour ou alors c ‘est une fan du mouvement minimaliste), un rond de pain d’épices gros comme une pièce de 2€ avec une glace à la tomate trop sucrée, une crème brûlée aux herbes sucrée aussi et une espèce de crêmasse au beurre. Le tout très prétentieusement dressé. Ce qu’il y a de bien, c’est qu’on ne va pas être ballonné après. Après nous avoir servir un nouveau vin (vous pouvez finir le précédant…y a pas assez de verre… enfin je vous passe les détails, la plante verte derrière moi a été arrosée au Saint Verant… on nous sert un Pouilly Fuissé bouchonné, bon çà arrive, mais en principe on goûte avant, surtout quand on en sert des magnums, les spécialistes comprendront, quel bricolage où alors çà fait partie de l’animation ? Oui c’était pour une émission en caméra caché de Dijon Première)
Arrive ensuite la fleur de lys de volaille aux Saint Jacques. Là on frise le summum de la vulgarité, du dégueulasse, du prétentieux cliquant en présentation.. Un bout de blanc de volaille, découpé à l’emporte pièce pour en faire un profil de fleur de lys, trop cuit, très sec et froid, surmonté d’une noix de saint jacques plantée d’un brin de romarin (je n’avais pas vu ce type de présentation depuis mon voyage à New-York en 1998. Un filet de sauce brune sans saveur et figée, une rondelle de courgette biseautée flanquée d’une tomate cerise… Le ridicule ne tue pas, ne tue plue, … ah ! j’ai trouvé c’est un traiteur transgénique il résiste au rédicule …
Bon j’abrège, ensuite un « orchestre » de faux Blues Brother’s, un sono totalement saturé, ce groupe parle en yaourth américain, c’est fort, c’est pas bon, on ne peut même plus se parler… il est déjà minuit. Ensuite enfin ils s’arrêtent et immédiatement la musique du DJ commence et le fromage est servi. Et là ! Attention !
Une plaque d’ardoise ovale, une allumette de Comté plantée de 3 raisins secs, 1 tout petit morceau de camembert, un part d’un fromage qui avec la pénombre et qui n’avait pas de goût prononcé (peut être un ami du Chambertin), une petite languette d’abricot sec… jusque là tout va bien mais enveloppé façon paquet cadeau de l’an 2000, dans un film plastique en papillote… Là j’avais jamais vu. Certains n’arrivant pas à défaire le nœud de rafia, se sont battu avec leur couteau pour arrivé aux formages. (je vous dit qu’il est pervers et transgénique le traiteur ou alors il avait des ennemis dans la salle).
Alors ensuite vient le grand moment du dessert. Annoncé comme : brochette de fruit frais. Pas d’embrouille sur la marchandise. Belle présentation, la brochette est un Anthurium rouge ou blanc et les fruits sont piqués sur la tige. Pas mal, un brin prétentieux, mais vu le reste bien. 3 minuscules dés d’ananas Victoria, 3 grain de raisin, 1 fraise, 1 rondelle de carambole et une rondelle de kiwi et … un truc noir, dur… J’ai faillit recevoir cette chose sur les genoux, ma voisine essayant d’attaquer cet objet avec sa cuiller. En fait c’est du sorbet aux fruits exotiques dans une coque de chocolat noir, mais encore gelé à l’azote et dur comme du chien (expression jouhannaise et jurassienne). La conclusion c’est que le traiteur avait sans doute un compte à réglé, sinon pourquoi tant de haine.
Allé à 1h15 après le café, j’ai mis fin à cette soirée d’un nouveau genre. J’ai remercié mes hôtes, essayé de retrouver ma voiture dans ce bois sans lumière et « gadouilleux », la preuve Fred ce matin en voyant mon costume m’a dit : « ben t’es allé te fourrer où ? »

Allez y a pire comme soirée, certains rêve de pénétrer ces cercles, promis je vous en raconterai des réussis, parce qu’heureusement j’en vois beaucoup de très très réussis.. Vos réactions et expériences sont les bienvenues.


PS : voici l'interview très vendeuse du patron du golf... avec le joli commentaire à la voix scolaire de Dijon Premiere.

PS 2 : et ce qu'en promotionne via-bourgogne


Avant qu'elle mette son commentaire, i-charlotte il n'y a pas que toi qui râle. Et Seb j'espère que ton mariage à Billey va être mieux, ce samedi.

3 commentaires:

Sébastien C a dit…

Il y a une jet set dijonnaise qui se la pete, conforté par une presse unique façon je-vais-bien-tout-va-bien. Ils ont pas compris qu'ils sont parfaitement invisibles ailleurs.

Pascal Minguet a dit…

Séb,
oui tu as entièrement raison, je crois pour modérer un peu que c'est vrai dans beaucoup d'agglomération ou même de ville plus modeste. Il est beaucoup plus confortable de rester entre soi, d'ignorer l'extérieur, et de se la pêter.
C'est entre le club privé, la secte ou encore ... l'inceste. J'hésite, mais je coirs qu'il y a un peu de tout çà.
N'empêche que pour moi çà vaut bien une pièce de théatre, là tu es aussi acteur c'est assez grisant. A condition de prendre du recul.

C'est pas pour me la ramener, mais franchement à Paris c'est beaucoup plus cool. J'ai participé à des centaines voir des milliers de soirée (hé oui, comme journaliste vous avez 4 à 10 invitations par semaine, selon la saison) Hé bien je crois que je vais finir par écrire un petit livre pour "réussir sa soirée pro ou perso".
Excellente semaine dans tous les cas.

charlotte a dit…

En bonne parisienne que je suis, je suis surprise de voir autant d'activité mondaine en province! Ouah!! :-))
Merci pour le PS Pascal! Je vois que je ne suis pas la seule à utiliser mon blog comme exutoire!
Promis, je te propose de passer une agréable soirée culinaire avec le fois gras que je t'apporte ;-)